mercredi 20 février 2008

Jeunesse et antiracisme

Je dénonce toutes les discriminations, les insultes et le mépris émis par tous et contre tous parce que le soleil a été généreux ou avare de ses rayons à tel ou tel endroit.

Chez nos premiers ancêtres dont la chair était de couleur noire, blanche, jaune ou basanée, nous avions des groupes. Nous avions formé des peuplades de nomades suivant les régions où le hasard nous a jetés. Puis nous avons arrêté de cavaler sans cesse, et nous nous sommes posés. Il a fallu ensuite inventer des liens qui nous uniraient en dehors d'une famille, c'est à dire un langage, des façons de s'habiller, de manger, de nous exprimer, de règler nos comptes, de chasser, de cueillir, de fabriquer nos abris et nos ustensiles ainsi que notre façon de voir le monde et d'imaginer. En un mot, nous avons inventé une culture pour chaque groupe et n'avons eu de cesse de faire grandir cette culture . Nos ancêtres ont combattu pour unifier ou soumettre d'autres cultures pour en former une plus grande, avec souvent une religion dominante et absolue, une langue officielle, et une forme de gouvernance qui font un pays , puis forment une nation. C'est ce que firent dans l'histoire de France Clovis ou Charles Martel, l'un désirant ne plus être le roitelet des Flandres mais roi des Francs et l'autre voulant unifier l' hexagone actuel en soumettant l'Aquitaine, le centre de l'actuelle France et la côte méditerranéenne.

Les siècles se sont écoulés comme un torrent, fracassant son flot sur des rochers tantôt saillants tantôt polis. Les peuples ont construit des Etats-Nations, avec une culture, une identité et une patrie avec des frontières pour marquer leurs différences qui font la richesse de l'Humanité toute entière.Les pays plus ou moins proches -s'étant livrés des guerres ainsi que des échanges commerciaux- ont parfois mis en commun des pans de leur culture, et notamment la religion. Cela a eu lieu sur tous les continents.

Nos notions d'Etats Nations nous ont fait baignés dans des cultures qui ont créé des ideaux et des symboles d'unité. Nos Etats Nations se sont construits par les conquêtes de territoires et par des immigrations de pays proches ou moins proches, et souvent frontaliers.

Le XXème siècle historique (1914-1990) , de la Première guerre mondiale à la chute de l'URSS moribonde, a vu le fleurissement des Etats Nations le plus important depuis la fin du Moyen-Age. La fin du colonialisme a créé une foule de nouveaux états nationaux, mais ces Etats avaient toujours une culture qui était clairement le reflet du pays colonisateur. Ces Etats jeunes (n'ayant pas cinquante ans d'Histoire, avec des frontières coloniales, vivant avec la langue du colonisateur et des tribus séparées ne se rassemblant sur rien.) n'étaient pas mûrs pour faire face au XXI siècle: le siècle de la mondialisation et de la globalisation.

La globalisation qui a rendu beaucoup de pays plus pauvres qu'avant (notamment des pays africains) a engendré un nomadisme incroyable sur la planète parmi les résidants des pays nouvellement créés depuis la Conférence de Bandung de 1955 qui a voulu montrer un monde non pas bipolaire mais multipolaire avec un Ouest capitaliste, un Est communiste et un Tiers Monde.

Dans le monde entier , on n'a jamais vu de tels mouvements migratoires surtout des pays pauvres vers des pays riches, engendrés par des médias de plus en plus cosmopolites et diffusés dans ce monde globalisé , qui font rêver les populations les plus pauvres. Des Pakistanais,des Indiens ou des Egyptiens vont vers le Royaume Uni; des Tunisiens, des Marocains des Algériens, des Camerounais ou des Sénégalais vers la France ou parfois vers l'Espagne, de Libyens vers l'Italie,et des Mexicains, des Guatémalais vont vers les Etats Unis d'Amérique... La liste est très longue. Trop longue.

En France, nous avons accueilli des populations de pays européens (Italie, Espagne, Pologne)et d'anciens pays colonisés précédemment cités durant ces deux derniers siècles. Nous avions un modèle d'intégration qui était l'
intégration à la française en un mot l'ASSIMILATION (même si celle-ci a détruit des identités régionales). Dans l'école primaire publique de mon village de 1800 habitants, nous étions beaucoup d'enfants ayant leurs parents en France dont les ancêtres ont connu les Rois de France de l'Ancien Régime, d'autres dont les grands-parents ou arrières- grands parents avaient immigré à la fin du XIXème au début du XXème en France et venaient d'Italie ou d'Espagne, l'un de mes meilleurs amis (noir) de l'époque avait habité en Martinique et avait déménagé dans le village alors qu'il avait cinq ans. Il nous disait "en Martinique il fait très chaud!" "la Martinique j'y retourne de temps en temps en vacances!" et un autre disait "c'est comme moi quand je vais en Bretagne, mais il fait souvent froid!" . De cette époque, à rebours, je me souviens par rétrospection
qu'on avait tous des origines différentes et on venait aussi de milieux sociaux différents. Mais une chose dont je suis sûr, c'est qu'il n'y avait que des Français...

Dans cette époque post Mai 68, notre école était tenue par des enseignants très classiques, les idées révolutionnaires de "la nouvelle société" n'avaient pas exercé leur emprise dessus. Au Cours Préparatoire (CP) on apprenait sur de vieux livres de lecture
avec une méthode syllabique et sur des livres de mathématiques de la génération précédente. On collectionnait les bons points dans une boite d'allumettes vide et dix points donnaient droit à une image que l'institutrice nous laissait choisir parmi celles qu'elle possédait.Elles les étalait sur son bureau devant nos yeux émerveillés qui cherchaient celle avec le plus bel animal en photo dessus. Nous étions tous pressés, lorsque l'on obtenait une image, de savoir d'où venait cet animal et ce qu'il était grâce à la définition indiquée au verso . Le temps passant, les années s'écoulant , la géographie et l'Histoire s'ajoutèrent à notre apprentissage: du cours élémentaire au cours moyen on m'a appris les régions de France, les mers et les océans qui la bordaient ainsi que les fleuves. En Cours Moyen de seconde année (CM2)nous savions tous lire, écrire,compter, s'exprimer correctement et on avait quelques bases de géographie et d'Histoire de France.

Je peux dire que je suis nostalgique de cette école républicaine qui disparait
de plus en plus, et est remplacée par cette école de l'inculture créée depuis les années 1980 -appliquant l'esprit de Mai 68-et qui a été renforcée par la Toile. De plus en plus d'enfants s'expriment de plus en plus mal par la conversation immédiate en ligne sur la Toile où les règles de grammaire de la langue française sont atomisées sur l'autel de l'inculture.

Quand je vois le niveau d'écriture de certaines personnes de mon âge, j'ai l'impression d'avoir vécu dans l'un des derniers vestiges de l'école républicaine, que l'on a qualifié de "snobinarde" et "d' élitiste" dans les années 1980 et 1990, alors qu'elle avait le vrai mérite de donner le même savoir au fils de bourgeois et au fils d'ouvrier d'une même ville ou d'un même village. C'est d'une tristesse terrible au regard de ce qui se passe aujourd'hui où on a des problèmes d'intégration de part et d'autre car l'assimilation a été brocardée et qu'on a démoli cet idéal de création de Français réfléchis faisant vivre une culture.

J'ai eu (et j'ai toujours) un appétit gargantuesque pour l'Histoire, et pas uniquement pour celle de mon pays.Pourquoi ai-je eu une passion? Pas seulement par ce que j'aimais étudier le passé pour comprendre le présent mais aussi par ce qu'on m'a donné envie d'apprendre et qu'on a éveillé ma curiosité (les images gagnées en sont en parti responsables , comme le fait qu'on aimait à cette époque collectionner des dinosaures en plastique, en avoir au moins un de chaque espèce et les reconnaître au premier coup d'oeil.) Aussi j'aimais toujours savoir ce qui se passait ensuite dans l'Histoire, continuer le fil de l'Histoire: des dinosaures à nos jours.

Je ne dis pas que les professeurs sont des fainéants, bien au contraire, mais leur système de formation a été ravagé par une certaine pensée gauchiste révolutionnaire qui considère l'orthographe comme une invention bourgeoise.La preuve est qu'on ne retire plus que deux points dans la note finale lorsque l'orthographe est catastrophique. Au Canada où je suis pour plusieurs mois, je sais qu'au Québec on peut retirer 30% de la note finale si le Français est trop incorrect.Les professeurs et instituteurs doivent redevenir ce que Charles Péguy, homme de lettres de la IIIème République, appelait "les hussards noirs de la République", ceux dont la mission était l'instruction de la population, ce qui lui donnait les moyens de se révolter ou de réagir quand elle pensait que le gouvernement nuisait à ses intérêts.

En France, j'ai toujours dénoncé les tendances à la discrimination, depuis que j'ai découvert l'existance des camps de concentration et d'exterminations nazis, la Shoah à l'âge de idix ans. J'ai dénoncé depuis ce temps les discriminations, les insultes, le mépris faits pour des raisons de différences réelles ou supposées émis par tous et contre tous: les noirs, les blancs, les jaunes,les basanés contre les mêmes . Le problème, c'est l'antiracisme en France.L'antiracisme en France, c'est quoi? C'est être contre le racisme exercé sur les noirs, les arabes, les asiatiques et les juifs. Mais les associations antiracistes ont oubliés le racisme contre les Blancs. Le racisme anti-blanc est souvent pour eux une invention des identitaires et de l'extrême-droite . Ce "partage de l'antiracisme" est terrible et néfaste. Les antiracistes de la gauche bien-pensante font la promotion de racistes sans le savoir. Les jeunesses identitaires argumentent que les antiracistes sont contre le racisme anti-noir et anti-maghrebin mais que le racisme anti-blanc est inexistant. Si j'avais fait une vraie association antiraciste, je l'aurais faite pour qu'elle disparaisse: car c'est le but d'une telle association! Son but est d'éradiquer le racisme et lorsqu'il y en a plus, de disparaître . Le jour où les associations antiracistes auront toutes disparus, la France aura gagné son combat contre le racisme.Mais aujourd'hui de telles associations sont sclérosées. Elles ont échoué dans leur but d'éradiquer le racisme. Si elles voulaient vivre et tuer le racisme, elles auraient dû dénoncer tous les racismes contre tous les membres de la communauté nationale et pas autre chose!!! Elles ont au lieu de ça, donné des armes aux racistes qui disaient à la population: "Regardez les associations antiracistes, elles défendent les jeunes noirs, jaunes, basanés et se fichent des jeunes blancs!".Les antiracistes de la gauche bien pensante ont aussi oublié de condamner le racisme anti-blanc et ne réagissent que très lentement lorsqu'un crime anti-blanc est commis. Cela est né d'une autoculpabilisation néfaste depuis l'installation d'une vision populaire d'une certaine époque esclavagiste et de l'impérialisme colonial : le cruel homme blanc va t'en guerre qui a martyrisé le pauvre homme noir pacifiste toujours et en tout lieu.

C'est cette culpabilisation qui est néfaste et donne un droit fou à certains de cracher sur la France.Les antiracistes ne se sont jamais prononcés -ou très rarement- contre ces gens-là ! Ceux qui disent avoir été insultés de "sale blanc" et de "faces de craie" passent pour des mythomanes ou des membres d'extrême droite auprès de ces associations. Les associations antiracistes devraient se souvenir de celui qui a été le premier à condamner le racisme anti-blanc: Martin Luther King -un homme blanc d'extrême droite très connu- qui invitait les Américains noirs des ghettos -qu'il défendait par la non-violence- à ne pas remplacer le racisme anti-noir par un racisme anti-blanc.Les antiracistes se sont focalisés sur certaines formes de racisme et non sur toutes, ce qui causera leur perte.

Jeunesse, oublie leurs idées dépassées ! En croyant lutter contre le racisme et les discriminations, ils encouragent souvent le communautarisme, cette ignoble façon de se retrancher de la communauté nationale !
Jeunesse, si tu veux être en révolte et changer la France, comprend et répète la phrase du duc de Clermontonnerre en 1791 qui la déclama du haut de la tribune de L'Assemblée Nationale en s'adressant aux Français juifs : "En France, tout en tant qu'individus et rien en tant que peuple".
Jeunesse, aujourd'hui tu peux dire la même chose en t'adressant aux Français d'origine maghrébine, africaine et asiatique!
Jeunesse, aujourd'hui tu peux dire la même chose aujourd'hui à toutes les communautés de ce pays! même certains de nos contemporains nous le rappelle... Ce grand chanteur français qu'est Abd al Malik a dit en 2007 lors d'un débat "A force de compartimenter [dans les discours]; de mettre un tel ou un tel d'un côté ou de l'autre, le problème est que lorsque nous disons "nous" par rapport à "eux", nous parlons de "notre" communauté alors qu'il n'y a qu'une communauté qui compte: c'est la communauté nationale."
Jeunesse, comprends la sagesse de cette noble parole!
Jeunesse, dénonce ceux qui crachent sur la France et ses valeurs républicaines ! La France n'est pas un immense marasme car elle s'est construite par l'assimilation.

Jeunesse, il n'y a qu'un peuple en France, et c'est le peuple français! Tu peux être patriote sans honte ou fierté, mais ne tombe pas dans ce nationalisme écoeurant qui est de croire que ta nation est supérieure aux autres.
Jeunesse, la France doit être unie dans la diversité: on peut être de confession juive, chrétienne, musulmane, bouddhiste ou zoroastrienne; être noir, blanc, basané,jaune en France, il y a quelquechose qui nous rassemble: une culture, une langue, une Histoire. La France n'est pas une race ou une géographie, c'est une culture et une Histoire.

On doit arrêter de diviser les Français -quelquesoit leurs origines- et faire en sorte que tous aiment leur pays. On ne peut être fier et avoir honte d'être Français: c'est de la honte et de la fierté mal placées
car on ne s'est que "donner la peine de naitre" comme dirait Beaumarchais. Dans la rue, quand je demande l'heure ou un renseignement je me fiche de la tête ou de la couleur de la personne en face de moi. Je veux une France respectée assumant son passé et préparant son avenir.

Mais en France aujourd'hui le modèle de création du Français par la culture et le savoir grâce à l'assimilation est moribond. L'école de la République de France ne marche plus en ce sens qui en faisait l'une de ses grandes valeurs: donner une même culture à des gens différents sur de nombreux plans. Même si j'étais de nationalité française dès le départ comme tous les autres de ma classe; j'ai du apprendre à être Français comme mes autres camarades. Car on ne naît pas Français, on le devient.




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